samedi 25 janvier 2014

Le Wax , qu'est ce que c'est ?

Pour les occidentaux le wax est synonyme d’Afrique, les africains eux-mêmes le revendiquent. Inspiré du batik indonésien, le wax est fabriqué en Europe.

Au début du 19ème  siècle, l’Indonésie conquise par les Hollandais devient un centre d’échanges économiques important. Afin de satisfaire les goûts vestimentaires des populations locales, les Hollandais industrialisent la technique du batik à la cire de Java, dont le motif est exécuté à main levée des deux côtés de l’étoffe, en imprimant au moyen de deux cylindres la cire aux recto et verso des cotonnades avant de les teindre. Après suppression de la cire, des teintes sont ajoutées par impression avec des tampons.

Ces étoffes eurent beaucoup de succès auprès de la  population indonésienne jusque vers la fin du 19ème siècle, période à laquelle les artisans locaux mécanisèrent leur fabrication de batiks.
Les usines néerlandaises à la recherche de nouveaux marchés se tournèrent vers l’Afrique.
Si plusieurs usines ont participé à l’élaboration du Wax, la société Vlisco implantée à Helmond -sur la côte ouest des Pays-Bas- est la seule depuis 1965 à fabriquer le wax hollandais.
Le succès de cette fabrication industrielle a incité d’autres pays à fabriquer des batiks imprimés. La Suisse et Italie n’ont pas persévéré, la France a produit dans la région de Mulhouse (groupe Schaeffer) jusque dans les années 1970. 

La région de Manchester qui se distinguait depuis la fin du 18ème siècle par une importante industrie cotonnière, va constituer un marché important avec l’Afrique de l’Ouest en imprimant des cotonnades de très bonne qualité dont les motifs sont inspirés de symbolisme africain, ou bien composés à la gloire des souverains britanniques ou africains à l’occasion des voyages.
Les productions des usines Vlisco et ABC ont su conquérir le marché africain en s’adaptant à ses exigences, comme par exemple les dimensions de l’étoffe (taille initiale 36 pouces : 91,5 cm ; taille actuelle standard 48 pouces : 122cm) qui est celle traditionnelle d’un pagne et commercialisation des longueurs 12 yards de long vendu en lot de 6 yards et même au détail 2 yards, et en créant des motifs spécialement destinés aux populations africaines, conformes à leur goût et à leur culture.

Il existe une production africaine de wax faite dans des usines de textiles implantées par les grands groupes européens dans des pays de l’Afrique de l’Ouest.

Aujourd’hui, plusieurs usines du Nigéria, du Ghana et de Côte d’Ivoire fabriquent du wax sous contrôle (transfert de technologie et choix des dessins) des  producteurs européens Vlisco et ABC, d’autres produisent essentiellement le "fancy africain", un tissu imprimé dont la qualité est bien plus modeste que le "fancy anglais" du 19ème siècle, précurseur du wax anglais.

Depuis l’indépendance, quelques usines se développent et continuent à bien produire, beaucoup ont connu de graves difficultés et certaines ont même définitivement disparu.

On distingue ainsi plusieurs qualités de wax : super wax, wax block, wax print, uniwax,  imiwax… Le wax n’est pas forcément choisi pour sa qualité, mais plutôt pour le motif représenté et ce qu’il suppose, aussi sa destination.

A l’heure de la mondialisation, l’Asie concurrence la production africaine de wax en proposant des étoffes de piètre qualité à des prix imbattables.

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